Plaques d’immatriculation : mais d’où viennent-elles ?

Et oui ! Les plaques d’immatriculation n’ont pas toujours existé. Mais alors comment sont-elles apparues ? Et pour quelle raison ? Nous allons remonter le temps et suivre l’évolution de ce qui est aujourd’hui obligatoire sur nos véhicules pour circuler sur la voie publique.

L’évolution des plaques d’immatriculation due au marché de l’automobile.

Le marché de l’automobile a eu des conséquences économiques et sociales universelles difficilement comparables.

Vers 1769 le premier véhicule avec un moteur à vapeur voit le jour, allant jusqu’à 4km/h et ayant une autonomie de 15 minutes. C’est alors que les chercheurs et ingénieurs commencent à travailler sur le projet et s’en suit toute un enchainement de découverte automobile.  En 1885 Carl Benz (inventeur Allemand) et Gottlieb Daimler (ingénieur Allemand) construisent la première voiture à trois roues avec un moteur à combustion. Les recherches ne s’arrêtent pas là, l’idée d’un moteur plus performant pour avoir une meilleure vitesse intéresse et l’idée se développe.

En 1900, les Etats-Unis, l’Allemagne et la France produisent déjà 9504 voitures. Cependant, à cette époque la voiture était un moyen d’étudier la situation financière de chacun, son rang social dans la société et non un moyen indispensable pour se déplacer. Ce n’est qu’en 1908 que la FORD T voit le jour et devient la première automobile accessible au plus grand nombre, ce qui a valu de mettre en place un code de la route et un permis de conduire. Puis, les constructeurs affluent, seulement trente constructeurs de voitures en 1900 puis 57 en 1910 et 155 en 1914, de nos jours on compte plus de 1000 constructeurs dans le monde.

Aujourd’hui, des millions de voitures sont produites chaque année. C’est devenu un élément indispensable à la vie du citoyen pour se déplacer. En 2018, 84% des français possèdent une voiture contre 50% en 1968.

La voiture connait une évolution sans limite, de nos jours les voitures électriques voient de plus en plus le jour et les marques innovent toujours plus. Des voitures légères, interconnectées, avec toujours plus d’autonomie et même qui conduisent toute seule, ce sont les projets à concrétiser ou à améliorer dans les prochaines années.

L’évolution de la plaque d’immatriculation au fil des années.

Tout d’abord il faut souligner que la plaque d’immatriculation est 100 % made in France !

Cela débute en 1783 : un arrêt du Conseil du Roi de France obligeait les rouliers et cochers à attacher une plaque en métal sur leurs attelages. Celle-ci devait porter le nom, prénom et adresse de leurs propriétaires. Cependant, ce n’est qu’en 1891 que tout a réellement commencé !

Nous voilà en 1891, au cœur de Lyon au Parc de la Tête d’Or, le parc était ouvert aux piétons mais également aux automobilistes. Autant vous dire que la cohabitation était plutôt difficile. En effet, les piétons ont commencé à s’agacer du comportement des automobilistes et s’en ai suivi des accidents ainsi que des désagréments causés par les voitures au sein du parc. Alors, pour trouver une solution radicale à tout ce remu ménage, le Maire décida de donner une plaque temporaire à chaque véhicule uniquement pendant la circulation dans le parc.

Puis, en 1900, l’identification des véhicules par le biais de plaque d’immatriculation ne s’étend plus seulement au Parc de la Tête d’Or, mais à tout le département Lyonnais, cette fois-ci de façon permanente. Tous les Lyonnais ont donc une immatriculation propre à leur véhicule et les touristes se voient alors remis des plaques d’immatriculations temporaires lors de leur déplacement sur Lyon.

Ensuite, en septembre 1901, le décret s’étend désormais à tout le territoire Français. Chaque véhicule aura un jeu de plaques remis par le service des mines, ce qui lui donnera le nom de plaque minéralogique.

Enfin, au fil du temps plusieurs pays ont adopté cette réglementation. Nous avons tout d’abord les Pays-Bas en 1898, la Virginie Occidentale, le Massachusetts et le Royaume-Uni en 1903 ou encore la Belgique en 1988. A ce jour, chaque pays à sa propre identité et sa propre réglementation, même si toutes se ressemblent de près ou de loin.

L’évolution de la plaque d’immatriculation

Le système d’immatriculation et la plaque d’immatriculation ont évolué en même temps que le marché de l’automobile dans le monde.

Le grand changement du FNI au SIV.

Ce qui va révolutionner le monde des plaques sur le territoire français est bien sûr le SIV. Depuis le 15 Avril 2009, le SIV (Système d’Immatriculation des Véhicules) fait son apparition pour remplacer le FNI (Fichier National des Immatriculations). Au début, il était réservé seulement aux véhicules neufs ou importés. Puis à partir du 15 Octobre 2009, il a été déployé pour tous les véhicules.  Il permet d’immatriculer définitivement le véhicule. Le numéro restera inchangé jusqu’à la fin de vie du véhicule, alors que l’ancien système obligé une ré immatriculation à chaque fois que l’on changeait de département.

Mais peut-on choisir son numéro d’immatriculation ?

Au temps du FNI, le système était géré au niveau départemental, donc il n’était officiellement pas possible de choisir son numéro de plaque à moins de connaitre quelqu’un de haut placé dans les préfectures ou de s’appeler Valery Giscard d’Estaing. Il choisira le numéro 691 qui nait d’une superstition à la suite d’un accident de voiture, cette voiture portait ce numéro

Mais l’apparition du SIV étant géré au niveau national et calculé automatiquement selon un algorithme précis, il est impossible de choisir son numéro d’immatriculation. Toutefois vous pouvez suivre sur plusieurs site internet l’attribution des derniers numéros et estimer approximativement quand votre chiffre fétiche sortira. Il faut également savoir que certaines lettres ont été supprimées tel que SS ou encore I, O, U qui sont beaucoup trop ressemblantes avec les chiffres 1,0 et la lettre V.

Vous pouvez seulement personnaliser votre département de résidence, apposer un texte sous l’immatriculation (là encore c’est très règlementé) et la matière de vos plaques d’immatriculation : aluminium ou plexiglass

Il est vrai que dans certains pays, moyennant finance, il est encore possible de personnaliser ou d’acheter des plaques d’immatriculation pour être ensuite placée sur le véhicule. D’ailleurs, deux petites anecdotes à des millions d’euros, à Hong-Kong une plaque portant le numéro « 28 » a été vendue aux enchères 18.1 million de Dollars soit un peu plus de 15 millions d’euros ou encore à Dubaï, la fameuse plaque avec le numéro 1 vendue à 18 millions de dirhams soit plus de 4 millions d’euros ! Comme quoi, ce petit bout de métal vaut parfois de l’or et les placophiles (collectionneurs de plaques d’immatriculation) ne diront pas le contraire.

Quel avenir pour nos plaques d’immatriculation ?

Depuis la mise en place du SIV, les plaques d’immatriculation sont parfaitement règlementées. Mais depuis quelques années, certains pays ont mis à l’essai la plaque d’immatriculation connectée. Elle enregistre tous les faits et gestes du conducteur car elle est dotée d’un GPS intégré. Ce qui facilite grandement le travail de la police. Ils savent où exactement le délit a été commis et quel véhicule l’a commis.  Elle permet aussi d’afficher des messages tel que des alertes accident ou bouchons ou des messages personnalisés ou un soutien à une association, comme un petit panneau publicitaire. Elle est aussi connectée à votre compte bancaire ce qui permet d’effectuer des règlements aux stations essences, par exemple. Pour le moment il n’est pas question d’adopter ces plaques dans notre pays, mais la technologie étant de plus en plus grandissante, il y a de forte chance qu’un jour nous ayons tous des plaques connectées.

En conclusion, vous l’aurez compris, les plaques d’immatriculation ont traversées les siècles avec leur lot de changements en conséquence de l’évolution du marché automobile et de la technologie. Elles sont aujourd’hui indispensables et surtout obligatoires pour circuler sur la voie publique. Mais au-delà du côté légal, elles sont aussi la représentation de votre pays de résidence.